N° 19 – 7 novembre 2011

 

Le manteau partagé de Saint Martin

 

Lettre aux oblats n°1

 

 

 

Saint Martin,

Priez pour nous !

 



Abbaye Saint-Martin

F – 86240 Ligugé

05 49 55 21 12

 

 

« Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »

(Mt 25, 40)

 

 

Le partage du manteau : le mot du P. Joël

 

         Chers Oblats et amis,

        

         Dans le dernier numéro du « Manteau partagé », le P. François vous faisait part de ma nomination par le Père Abbé comme directeur des Oblats. Il va donc me falloir une grâce spéciale pour lui succéder dans cette belle responsabilité auprès de vous. C’est assurément « avec crainte et tremblement » qu’une nouvelle fonction telle que celle-ci se doit d’être assumée et, en même temps, c’est avec une grande joie et une pleine confiance que je vous rejoins pour cheminer ensemble sur le chemin qui mène à Dieu dans l’esprit de saint Martin et de saint Benoît.

 

         A vrai dire, du moins pour la plupart d’entre vous, nous nous connaissons déjà un peu. Vous êtes souvent familiers de l’abbaye et vous aimez venir aux offices liturgiques, vous venez de temps à autre vous y ressourcer, y faire halte de prière, y suivre une retraite.

 

         C’est justement au cours des dernières retraites que nous avons pu nous rencontrer. Les thèmes que j’avais retenus pour ces quatre dernières années, vous vous en souvenez, étaient tout d’abord, en 2008, « L’efficacité de la Parole de Dieu et sa force de guérison en nos vies ». Nous avions alors souligné l’harmonie entre l’Ancien et le Nouveau Testament pour mieux faire apparaître le salut en Jésus-Christ tel que la Bible nous le fait comprendre et qu’elle nous invite à vivre pleinement. Puis, en l’année Saint Paul, en 2009, une « Lecture actualisante des lettres pauliniennes » s’imposait. Avec ardeur et enthousiasme, nous avons à notre tour emprunté le chemin de Damas. Puis ces deux dernières années 2010 et 2011, nous avons poursuivi chronologiquement les écrits et le témoignage des premières générations chrétiennes notamment avec les Pères Apostoliques et avec les Apologistes grecs du IIe siècle :

 

« Suivre le Christ avec les Pères Apostoliques :

la Didaché, Clément de Rome, Ignace d’Antioche,

 Polycarpe, Hermas et le Pseudo-Barnabé. »

 

« La quête de la vérité et la vie en Christ,

avec les écrits grecs des Pères de l’Église du IIe siècle,

Quadratus, Aristide d’Athènes, Ariston de Pella,

 Tatien, Méliton de Sardes, Miltiade, Athénagore,

 Théophile d’Antioche, l’Epître à Diognète, Hermias

et principalement saint Justin et saint Irénée. »

 

         Rappelons que chacune de ces quatre retraites de 11 conférences a été enregistrée. L’ensemble des 44 conférences est disponible pour les oblats sur support numérique.

 

         Que s’est-il passé depuis notre dernière retraite de la fin du mois de juillet ? Pour ma part, j’ai participé à plusieurs rencontres, organisé des sessions et donné en plusieurs monastères des conférences, notamment à l’abbaye Sainte-Marie de la Pierre-Qui-Vire dans le cadre du Studium Théologique Inter Monastères (STIM) dont j’assume la direction depuis une quinzaine d’années depuis sa fondation, organisme affilié au Centre Sèvres pour la formation des moines et moniales de tous Ordres contemplatifs, au Carmel de Sens, à l’abbaye des bénédictines de l’Adoration perpétuelle du Mas Grenier entre Toulouse et Montauban, non loin du magnifique cloître de Moissac, au monastère Sainte-Claire des Clarisses de Paray-Le-Monial où j’ai donné une retraite sur la spiritualité bénédictine à partir de la Règle de saint Benoît mise en lien avec la spiritualité de saint François et de sainte Claire.

 

         Sans reprendre ici tous les événements qui ont jalonné ces derniers mois, mentionnons deux ordinations diaconales qui nous touchent de près, celle du Frère Thierry en Martinique, le jeudi 8 septembre, en son monastère de Terreville au-dessus de Fort-de-France et qui séjourne pour plusieurs années à Ligugé afin de poursuivre ses études théologiques au STIM, et celle de notre Frère Pierre-Emmanuel, ordonné diacre en nos murs par l’évêque de l’Ile Maurice, ami de lui-même et de sa famille, le vendredi 7 octobre en la fête de Notre-Dame du Rosaire.

 

         Tout dernièrement, au matin du samedi 5 novembre, notre frère Yves (91 ans) a été retrouvé mort dans son lit de l’infirmerie où il se trouvait confiné depuis quinze ans. Souffrance et délivrance en même temps, il a accompli sa Pâque en ce jour De Beata dédié à la Vierge Marie. Nul doute qu’il a été bien accueilli là-haut.

 

         A l’abbaye Sainte-Marie de La Pierre-Qui-Vire, le décès du P. Adalbert de Vogüé (86 ans) nous a beaucoup émus également. Il s’est sans doute perdu dans la forêt qui entoure le monastère. Son corps a été retrouvé après plus de huit jours d’intenses recherches et de vives inquiétudes, à deux kilomètres des bâtiments. Cet éminent spécialiste de la Règle de saint Benoît et de l’histoire du monachisme ancien, mort vraisemblablement dans la nuit du 13 au 14 octobre, a été inhumé en son abbaye du Morvan le 26 octobre.

 

         Bientôt le 11 novembre et donc « la Saint-Martin » qui, pour nous, revêtira l’habit des grandes festivités car nous fêterons le 1650e anniversaire de la fondation de la communauté monastique à Ligugé par saint Martin. En même temps, ce sera le 50e anniversaire de la fondation à Ligugé, en 1961, de l’A.I.M., cet organisme des plus précieux qui s’appelait alors l’Aide à l’Implantation Monastique  et qui s’appelle maintenant l’Alliance Inter-Monastères. A cette occasion, une centaine de supérieurs, de moines et de moniales se réuniront à l’abbaye et la messe de la Saint-Martin sera présidée par le Père Abbé Primat des Bénédictins Dom Notker Wolf.

 

         Peu après ces festivités martiniennes, nous aurons la joie, du moins pour ceux et celles qui le pourront, de nous retrouver lors des journées des oblats les 19 et 20 novembre.

         Certains arriveront dès le vendredi 18. Nous pourrons alors échanger un peu vers 16h30.

         Le lendemain samedi 19, je vous propose une conférence à 10 h sur le thème de l’Avent, temps de l’attente et de la vigilance.

         L’après-midi, le Père Vincent vous présentera dès 15h30 un film sur la fabrication des émaux réalisés cette année dans notre atelier et qui se trouvent maintenant placés comme Chemin de croix dans l’abbatiale de Paray-Le-Monial. Le Père Vincent vous parlera de l’émaillerie de l’abbaye et vous invitera sans doute avec le Frère Antoine-Frédéric à visiter les ateliers.

         Le dimanche 20, vers 9h, nous aurons la joie d’avoir une promesse d’oblature. En effet, si le 11 juillet dernier, en la solennité de saint Benoît, Marikka Devoucoux a fait sa promesse, ce sera au tour de Régis Maingot, de Limoges, de suivre le même chemin juste avant la messe du Christ-Roi. La communauté se réjouit de ces beaux engagements pris devant le Seigneur.

         Vers 11h30, je vous propose une deuxième conférence, dans la foulée de la première, sur le thème de l’écoute dans la Règle de saint Benoît. Ces thèmes conjoints de l’attente, de la vigilance et de l’écoute nous introduiront dans une série d’entretiens et de réflexions autour de l’enseignement de saint Benoît dans sa Règle. Voilà donc, sur la suggestion de plusieurs d’entre vous, de quoi alimenter nos futures rencontres.

         Si vous désirez venir participer, d’une façon ou d’une autre, à ces journées du 18-20 novembre, veuillez bien vous assurer que vos places sont bien retenues à l’hôtellerie pour votre chambre ou vos repas.

 

         Enfin, il me reste à dire un mot sur la nouvelle présentation de cette lettre des oblats dans le cadre du bulletin déjà existant « Le manteau partagé ». Ceci est un essai souhaité par plusieurs afin de rendre moins onéreuse l’impression  de ces pages et de permettre un envoi plus facile destiné à tous les oblats et non plus seulement à certains qui en avaient exprimé le désir. Nous évoquerons lors de nos rencontres cette nouvelle formule et nous verrons quelle orientation donner à ce lien fraternel pour qu’il soit vraiment « le manteau partagé » entre tous.

 

         A tous et à chacun, je souhaite une excellente fête de saint Martin et une prière toujours plus ardente pour que la Bonne Nouvelle se fraye un chemin en nos cœurs et dans notre monde contemporain.

 
   




La conduite de Dieu est bien étrange !

 

Homélie prononcée à l’abbaye par le P. Joël Letellier, le dimanche 25 septembre 2011 - 26e dimanche ordinaire (année A). Textes : Ez 18, 25-28 ; Phil 2, 1-11 ; Mt 21, 28-32.

 

Un Dieu qui fait tout à l’envers…

 

C’est bien fréquemment, Frères et Sœurs, que Jésus nous déstabilise dans nos repères et nos certitudes. Autant par certaines de ses paroles il fait tomber comme un château de cartes nos constructions par trop humaines et nos projections illusoires, autant précisément en nous désillusionnant sur nous-mêmes il nous donne accès à une authentique voie d’espérance qui seule peut ne pas nous décevoir.

 

Il faut accepter, lorsqu’on prête attention à la Parole de Dieu dans la Bible ou lorsqu’on se montre attentif à son action dans notre vie, à ne pas tout comprendre d’emblée et même à être choqué. Assurément, si l’on était à la place de Dieu on agirait autrement ! Tant et tant d’interrogations pressantes ne cessent de se poser à nous et à nos contemporains : « Si Dieu est Dieu, il est tout puissant. Alors pourquoi laisse-t-il le mal se déployer et accomplir ses ravages. En permettant aux pécheurs de nuire aux innocents, Dieu se discrédite à nos yeux et on ne peut dire qu’il et juste et moins encore qu’il est bon. Certes, ce sont souvent les hommes eux-mêmes qui par leur comportement accomplissent le mal et non pas Dieu lui-même. Et cependant, par son silence ou son absence, Dieu se fait complice du mal ». Rude constat à nos yeux !

 

Un vieux sage me disait un jour : « Que voulez-vous, c’est à n’y rien comprendre : Dieu semble faire tout le contraire de ce qu’on attend de lui. Il marche la tête à l’envers. Il est semblable d’après nous à un cycliste qui pédalerait en haut et roulerait sur sa tête ! Ne croyez-vous pas alors qu’il y a quelque chose à revoir de notre perception ? ». Et un autre d’ajouter avec expérience : « Lorsque nous nous étonnons de voir que Dieu fait tout à l’envers, c’est qu’il est en train de nous remettre à l’endroit ! ». Belle leçon de sagesse qui ne peut que nous inciter à rester humble devant le mystère de Dieu qui s’accomplit en nos vies. Ouvrons-nous donc à la lumière de Dieu !

 

« Je ne désire pas la mort du méchant… »

 

Déjà, par la bouche du prophète Ezéchiel, Dieu s’était exprimé ainsi : « Parole du Seigneur tout-puissant. Je ne désire pas la mort du méchant, et pourtant vous dites : ‘La conduite du Seigneur est étrange’. Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui est étrange ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? ».

 

Or, la liturgie de ce matin met en relation ce passage du prophète Ezéchiel avec ce que saint Matthieu nous rapporte des paroles étonnantes que Jésus adressent aux hommes justes et droits de son temps ou du moins qui semblent être des hommes justes et droits : « En vérité, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu ». Parole ahurissante et combien choquante pour ceux et celles qui s’efforcent de suivre à la lettre les prescriptions de la Loi, précisément pour ne pas être pris en faute. Et Jésus d’ajouter : « Car Jean-Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole, tandis que les publicains et les prostituées y ont cru ». Cette explication occasionne un tel renversement des valeurs qu’elle ne peut que déconcerter ceux qui misent sur leur propre perfection légale mais, en même temps, elle ouvre une perspective insoupçonnée pour ceux qui se sont laissés enfermer dans les tourbillons de la désespérance. Jésus cependant, nous le savons bien, n’est pas venu pour les biens portants qui n’ont pas besoin de médecin mais pour les malades. Il faut sans cesse nous le rappeler et en tirer toutes les conséquences. Les évangélistes nous ont transcrit ses paroles : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin mais les malades. Allez donc apprendre le sens de cette parole : ‘C’est la miséricorde que je désire, et non le sacrifice’. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mt 9, 12-13 ; Mc 2, 17 ; Lc 5, 31-32)

 

Dieu regarde le cœur…

 

L’idéal de perfection auquel Dieu ne cesse de nous appeler n’est en aucune façon à rabaisser, bien au contraire. Dieu ne désire pas que l’homme se dote lui-même d’une perfection morale à taille humaine mais qu’il s’ajuste à l’amour de Dieu en recevant sans cesse de lui, par une adhésion de foi et par la pureté de son cœur, une perfection théologale que seul Dieu peut lui communiquer car il s’agit de sa propre vie divine donnée en participation. La Loi divine ne saurait être perçue comme un couperet qui nous mettrait hors la Loi ou en sécurité mais comme une loi d’amour et d’amitié vraie sans cesse à parfaire et à actualiser en la recevant constamment de la communion avec Dieu, dans l’intime de sa vie et de sa conscience. N’oublions jamais que si l’homme regarde les apparences Dieu, lui, regarde le cœur. C’est peut-être là le grand point d’écart entre le jugement de Dieu plein de tendresse et de compassion et le notre trop absolu et rigide.

 

A force de nous façonner un Dieu à notre image et ressemblance, nous ne voyons plus comment un Dieu tout puissant peut se révéler en vérité dans l’humilité et la fragilité d’un homme qui a vécu sur notre terre et que nous avons rejeté en le crucifiant. Certes la conduite du Seigneur nous semble bien étrange mais n’est-ce pas plutôt la notre qui est étrange… ? C’est en regardant le crucifié et en recevant son souffle d’amour que nous pouvons être transfiguré et enfin comprendre pourquoi et à quel point Dieu déploie sa patience et sa miséricorde. Oui, c’est bien dans cette descente du Christ jusqu’à nous que se situe la Toute-puissance de Dieu et que se joue notre éternité. Seigneur Jésus, fais que, dès maintenant, notre oui soit oui et, lorsque tu viendras nous chercher, que nous te suivions pour toujours !

 

 

 

 

 

« Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé »

 

Homélie prononcée à l’abbaye par le P. Joël Letellier le dimanche 30 octobre 2011 - 31e dimanche ordinaire (année A). Textes : Mal 1, 14…2, 10 ; 1 Thess2, 7…13 ; Mt 23, 1-12.

 

         Le péché d’orgueil…

 

« Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé » (Mt 23, 12), telle est la dernière parole que nous venons d’entendre de Jésus dans ce passage de l’Évangile selon saint Matthieu. Jésus vient de s’en prendre à ceux qui imposent aux autres des fardeaux qu’eux-mêmes ne peuvent porter, qui préfèrent les honneurs aux charges, qui s’érigent en maîtres souverains alors qu’ils devraient, de par leurs fonctions et leurs responsabilités, se mettre vraiment au service de tous.

 

Comment donc expliquer ce phénomène si récurent, en toute société et à toutes les époques, qui nous pousse ainsi à vouloir dominer les autres, les supplanter, à vouloir comme marquer notre territoire de notre empreinte pour bien montrer que nous sommes ce que nous sommes ? Il y a, comme on peut parfois l’entendre dire, une tendance fâcheuse en l’homme à vouloir bien trop fréquemment « se hisser à son niveau d’incompétence » et s’élever toujours bien plus haut que la Tour de Babel.

 

« Homo homini lupus »… 

 

Cela peut se vérifier hélas à tous les échelons de la société et en maints domaines. Le savoir ou le pseudo-savoir, le pouvoir ou l’appât du gain, suscitent une sorte d’avidité et de rivalité, de surenchère parmi les enfants des hommes qui, on ne le sait que trop hélas, peuvent devenir plus rapaces que les loups eux-mêmes. « Homo homini lupus »  n’ont cessé de répéter les anciens, de Plaute à Montaigne en passant par Erasme et Rabelais. « L’homme est un loup pour l’homme, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas très gentil pour le loup » ajoute non sans ironie un grand anthropologue contemporain.

 

Saint Benoît et la sagesse de l’humilité…

 

« Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé », voilà donc ce que promet ici Jésus dans la ligne de l’esprit évangélique des Béatitudes. Saint Benoît, dans sa « Règle des moines » ne manquera pas de rappeler cette sentence au début de son important chapitre 7 sur l’humilité : « Omnis qui se exaltat humiliabitur et qui se humiliat exaltabitur », phrase bien connue dans le milieu monastique mais dont la véritable prise en compte reste comme un défi permanent pour le chercheur de Dieu même dans le cloître.

 

Jésus enfant ou l’image du nourrisson contre sa mère…

 

Nous avertissant que « tout élèvement est une forme de péché d’orgueil » (RB 7, 2), saint Benoît entend ajuster la vie de son disciple à celle de Dieu qui s’est fait petit enfant, de Jésus qui s’est fait serviteur. Loin de régner en maître, le Christ, par son enseignement joint à la pratique, s’est comporté comme un vrai sage, dont la sagesse divine a renversé toute sagesse humaine, dont l’humilité a vaincu toute force orgueilleuse et suffisante. Si Dieu demeure en son Fils le seul vrai et authentique Maître, « Magister », il se manifeste avec la tendresse d’un père « pius pater » (RB, Prol. 1), et même avec la douceur d’une mère. Saint Benoît, en effet, cite en partie le merveilleux petit psaume 130 prévu d’ailleurs dans la liturgie d’aujourd’hui pour les messes lues et qui habite sa pensée :

 

« Seigneur, je n’ai pas d’ambition dans le cœur, ni de visées trop élevées ;

Je ne prétends pas vivre dans les grandeurs, ni accéder à des honneurs qui me dépassent.

Vraiment, je tiens mon âme dans le calme, recueillie dans le silence,

Comme un petit enfant blotti contre sa mère. Oui mon âme est en moi pareille à cet enfant.

Israël, mets ton espoir dans le Seigneur, maintenant et toujours ! » (Ps 130)

 

Aussi vrai qu’un nourrisson trouve son bonheur à rester sur le sein de sa mère, aussi vrai le disciple du Christ se doit de rester dans les voies de la simplicité et de l’humilité. « Mais que m’arriverait-il, se demande saint Benoît avec beaucoup de justesse et d’à-propos, si je n’avais pas eu d’humbles sentiments, si j’avais élevé mon âme ? Tu me traiterais comme l’enfant qu’on enlève du sein de sa mère » (RB 7, 4)

 

Ainsi, l’orgueil qui signifie toujours, d’une manière ou d’une autre, une rupture d’avec Dieu, ne peut être que porteur de violences et d’arrachements, de divisions et de pleurs.

 

La douceur maternelle de Dieu…

 

Voilà pourquoi, de la part de Dieu, l’Apôtre saint Paul en annonçant la Bonne Nouvelle de la vie qui nous est offerte en Jésus-Christ, écrit aux chrétiens de Thessalonique, en des termes émouvants que Dieu adresse à chacun d’entre nous :

« Frères, avec vous nous avons été pleins de douceur

comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons.

Ayant pour vous une telle affection, nous voudrions vous donner

non seulement l’Évangile de Dieu,

mais tout ce que nous sommes, car vous nous êtes devenus très chers. » (1 Thess. 2, 12-13)

 

Frères et Sœurs, dans notre monde où la violence ne manque pas, un peu de la tendresse divine nous fait du bien. Cette douceur de Dieu est même la seule réalité qui peut nous donner un bonheur durable.

 

 

 

         Un peu de poésie…

 

         Merci à Christian Lemaignan pour le poème qu’il a composé à la suite de la retraite de juillet sur les Pères Apologistes du IIe siècle, principalement saint Justin et saint Irénée :

 

Présence

 

Ici, nous sommes dans l’ombre de la réalité terrestre,

Ici bas, nous sommes des passagers, une figure qui va passer,

Ici, tout n’a qu‘un temps, un temps qui fuse en nous comme une illusion,

Là haut, le monde des idées, celui de l’hyper réalité, d’où nous venons,

Là haut, la pensée est éternité, elle perdure proféré par le nouvel Adam.

 

Au cœur de nos débordements, de nos cœurs partagés,

De nos doubles vies d‘égarement candide, restons épris d’une quête éperdue,

Par l‘adhésion de tout notre cœur pour aller jusqu’à toi.

L’infini seul est digne de notre âme, qui est à ta ressemblance.

 

Notre dessein est dans l’ordonnance de notre salut, pour tous les hommes,

Si nous manquons la cible, nous n’atteignons pas le but,

Si nous nous adonnons à nos vices, nous entravons notre marche vers plus de liberté,

Notre faiblesse est un bien, pour ne pas nous méprendre sur notre vraie nature.

 

Nous sommes dans le monde, dans les cités du monde,

Nous campons dans le corruptible, en attendant le don de l’incorruptibilité,

Ta présence ordonne aux éléments cosmiques d’observer fidèlement les lois mystérieuses,

Ta présence, en toute clémence et douceur, vient nous sauver par la persuasion.

 

Ta présence est ce qui est toujours identique, en soi, et donne l’être à tout le reste,

Ta présence est au-dessus de toute essence, indicible, inexprimable,

Dépassons la fugacité pour nous retrouver dans l’immortalité de l’unique,

Ayons recours à l’intériorité, au printemps de l’incarnation humaine.

 

Ta présence est dans le mystère de la création divine,

Dans celui de la sanctification de l’esprit, manne des choses à venir,

La figure est l’ombre de la lumière qui est vérité,

Vérité temporaire par la figure, vérité éternelle par la grâce.

 

Que toute notre force, notre intelligence, notre cœur,

Fasse éclore en nous l’amour de ta lumière, nous partagerons ainsi

Le bonheur en construisant nos vies vers l’éternité, car la gloire de l’homme,

C’est de persévérer dans l’ajustement à la symphonie céleste.

 

Christian Lemaignan à partir de l’enseignement du Père Joël Letellier. Ligugé 2011

 
    


 

 

 

            L’épisode du manteau partagé, d’après Sulpice Sévère :

        

         Étant donné l’importance de ce texte et sa postérité dans l’histoire, je ne résiste pas à mettre à la portée du lecteur le texte latin original en regard de la traduction française de Jacques Fontaine (1961-1967) :

 

« 2, 6. Durant trois ans environ avant son baptême, il [Martin] demeura sous les armes, mais franc de tous les vices qui lient généralement ce genre d’hommes.

7. Il montrait envers ses camarades une grande gentillesse, une charité extraordinaire, et surtout une patience et une modestie surhumaines. Car point n’est besoin de faire l’éloge de sa sobriété : elle était telle que, dès ce temps-là, on l’aurait cru moine et non pas soldat. Ces qualités lui avaient valu un tel attachement de la part de tous ses camarades qu’ils éprouvaient à son égard une affection et un respect extraordinaires.

8. Et sans être encore régénéré dans le Christ, il se conduisait pour ainsi dire en candidat au baptême par ses bonnes œuvres : assister les malades, porter secours aux malheureux, nourrir les indigents, vêtir ceux qui étaient nus, et ne se réserver de sa solde que de quoi manger chaque jour. Dès ce moment, n’étant pas sourd aux enseignements de l’Évangile, il ne pensait pas au lendemain.

 

 

« 2, 6. Triennium fere ante baptismum in armis fuit, integer tamen ab his vitiis quibus illud hominum genus inplicari solet.

 

7. Multa illius circa commilitones benignitas, mira caritas, patientia vero atque humilitas ultra humanum modum. Nam frugalitatem in eo laudari non est necesse, qua ita usus est, ut iam illo tempore non miles, sed monachus putaretur. Pro quibus rebus ita sibi omnes commilitones devinxerat ut eum miro adfectu venerarentur.

 

 

8. Necdum tamen regeneratus in Christo, agebat quendam bonis operibus baptismi candidatum : adsistere scilicet laborantibus, opem ferre miseris, alere egentes, vestire nudos, nihil sibi ex militiae stipendiis praeter cotidianum victum reservare. Iam tum evangelii non surdus auditor de crastino non cogitabat.

3, 1. C’est ainsi qu’un jour où il n’avait sur lui que ses armes et un simple manteau de soldat, au milieu d’un hiver qui sévissait plus rigoureusement que de coutume, à tel point que bien des gens succombaient à la violence du gel, il rencontre à la porte de la cité d’Amiens un pauvre nu : ce misérable avait beau supplier les passants d’avoir pitié de sa misère, ils passaient tous leur chemin. L’homme rempli de Dieu comprit donc que le pauvre lui était réservé, puisque les autres ne lui accordaient aucune pitié.

2. Mais que faire ? Il n’avait rien, que la chlamyde dont il était habillé : il avait en effet déjà sacrifié tout le reste pour une bonne œuvre semblable. Aussi, saisissant l’arme qu’il portait à la ceinture, il partage sa chlamyde en deux, en donne un morceau au pauvre et se rhabille avec le reste. Sur ces entrefaites, quelques-uns des / assistants se mirent à rire, car on lui trouvait piètre allure avec son habit mutilé. Mais beaucoup, qui raisonnaient plus sainement, regrettèrent très profondément de n’avoir rien fait de tel, alors que justement, plus riches que lui, ils auraient pu habiller le pauvre sans se réduire eux-mêmes à la nudité.

 

 

3, 1. Quodam itaque tempore, cum iam nihil praeter arma et simplicem militiae vestem haberet, media hieme quae solito asperior inhorruerat, adeo ut plerosque vis algoris extingueret, obvium habet in porta Ambianensium civitatis pauperem nudum. Qui cum praetereuntes ut sui misererentur oraret omnesque miserum praeterirent, intellexit vir Deo plenus sibi illum, aliis misericordiam non praestantibus, reservari.

 

 

 

2. Quid tamen ageret ? Nihil praeter chlamydem, qua indutus erat, habebat : iam enim reliqua in opus simile consumpserat. Arrepto itaque ferro accinctus erat, mediam dividit partemque eius pauperi tribuit, reliqua rursus induitur. Interea de / circumstantibus ridere nonnulli, quia deformis esse truncatus habitu videretur ; multi tamen, quibus erat mens sanior, alius gemere, quod nihil simile fecissent, cum utique plus habentes vestire pauperem sine sua nuditate potuissent.

 

3. Donc, la nuit suivante, quand il se fut abandonné au sommeil, il vit le Christ vêtu de la moitié de la chlamyde dont il avait couvert le pauvre. Il est invité à considérer très attentivement le Seigneur, et à reconnaître le vêtement qu’il avait donné. Puis il entend Jésus dire d’une voix éclatante à la foule des anges qui se tiennent autour d’eux : « Martin, qui n’est encore que catéchumène, m’a couvert de ce vêtement ».

4. En vérité, le Seigneur se souvenait de ses paroles, lui qui avait proclamé jadis : « Chaque fois que vous avez fait quelque chose pour l’un de ces tout-petits, c’est pour moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40), quand il déclara avoir été vêtu en la personne de ce pauvre. Et pour confirmer son témoignage en faveur d’une si bonne œuvre, il daigna se faire voir dans le même habit que le pauvre avait reçu.

 

 

3. Nocte igitur insecuta, cum se sopori dedisset, vidit Christum chlamydis suae, qua pauperem texerat, parte vestitum. Intueri diligentissime Dominum vestemque, quam dederat, iubetur agnoscere. Mox ad angelorum circumstantium multitudinem audit Iesum clara voce dicentem : Martinus adhuc catechumenus hac me veste contexit.

 

 

4. Vere memor Dominus dictorum suorum, qui ante praedixerat : quamdiu fecistis uni ex minimis istis, mihi fecistis (Mt 25, 40), se in paupere professus est fuisse vestitum : et ad confirmandum tam boni operis testimonium in eodem se habitu, quem pauper acceperat, est dignatus ostendere.

 

5. Cette vision n’exalta pas un orgueil tout humain chez notre bienheureux, mais il reconnut dans son œuvre la bonté de Dieu, et comme il avait dix-huit ans, il s’empressa de se faire baptiser. »

 

 

5. Quo viso, vir beatissimus non in gloriam est elatus humanam, sed bonitatem Dei in suo opere cognocens, cum esset annorum duodeviginti, ad baptismum convolavit.”

Sulpice Sévère, Vie de saint Martin, 2, 6-3,5 (Sources Chrétiennes 133 ; trad. Jacques Fontaine) T. 1 p. 257-259, Cerf, 1967.

 

Sulpice Sévère, Vie de saint Martin, 2, 6-3,5 (Sources Chrétiennes 133 ; texte établi par Jacques Fontaine) T. 1 p. 256-258, Cerf, 1967.

 


         Cet épisode de la vie de saint Martin (v 316/317 - 397) se situe entre 334 et 338. Sulpice Sévère (v 355/363 - v 410/429) l’a écrit en 396 - 397. Cf. A. de Vogüé, Histoire littéraire du mouvement monastique dans l’Antiquité, T. 4, Cerf, 1997, p. 19, note 1.

 

 

 

 

Les travaux du Père Adalbert de Vogüé

Résumé à l’intention des Oblats

par le P. Vincent Desprez

 

           Le Père Adalbert de Vogüé, moine de la Pierre-qui-Vire, vient d’achever sa carrière humaine et monastique, pris d’un malaise (14 octobre) au cours d’une promenade dans les bois.

         Né à Paris en 1924, entré à l’abbaye de la Pierre-qui-Vire en 1944, après des études littéraires, il fut ordonné prêtre en 1950.

         En 1960, il soutint sa thèse de théologie sur « La communauté et l’abbé dans la Règle de saint Benoît », où il commentait quelques chapitres de la Règle. Il adopta la thèse selon laquelle les chapitres spirituels de saint Benoît dépendent de la Règle du Maître, la plus longue des règles monastiques anciennes.

         Sur cette lancée, il édita la Règle du Maître, puis donna une traduction commentée de la Règle de saint Benoît dont son confère Jean Neufville donnait une édition critique. Texte et commentaires s’étendirent ainsi sur six volumes de la collection « Sources chrétiennes » (t. 181-186, 1971-1972) et un « commentaire doctrinal et spirituel » (1977).

         Suivirent les éditions des Dialogues de saint Grégoire le Grand (avec une traduction du P. Paul Antin, de Ligugé ; SC 251, 260, 265, 1978-1980), des Règles des saints Pères, dont les deux premières proviennent peut-être de Lérins (SC 207-208, 1982), des œuvres monastiques de saint Césaire d’Arles (avec la collaboration du P. Joël Courreau, de Ligugé ; SC 345 et 398, 1988 et 1994), parmi d’autres. De nombreux articles sur l’histoire monastique ancienne furent ensuite réunis en cinq recueils (1975-2000). Douze volumes d’une « Histoire littéraire du mouvement monastique dans l’antiquité », sur le monde latin (Pais, Cerf, 1991-2008), couronnèrent cette œuvre monumentale.

         Parallèlement à ce travail de recherche, le P. de Vogüé enseignait la Règle de saint Benoît et la tradition monastique occidentale à l’Institut monastique du collège bénédictin romain de Saint-Anselme, et en de nombreuses sessions en France et à l’étranger.

         La perspective d’ensemble sur ces travaux est que saint Benoît ne prétend pas faire œuvre originale en composant sa Règle, mais elle représente un précis de la doctrine sur le monachisme communautaire ou cénobitique – comportant une ouverture sur l’érémitisme, que le P. de Vogüé a lui-même pratiqué pendant 25 ans au voisinage de la Pierre-qui-Vire. La Règle est ainsi une synthèse entre la tradition égyptienne, axée sur la relation du disciple au maître (7 premiers chapitres, repris en majorité de la Règle du Maître, elle-même inspirée par Cassien), et la tradition augustinienne qui insiste sur la charité entre frères (derniers chapitres surtout).

 

         Trois petits volumes ont résumé ces recherches à l’intention des moines et des lecteurs de bonne volonté :

 

- Ce que dit saint Benoît. Une lecture de la Règle (Vie monastique, n° 25), Abbaye de Bellefontaine, 1991, in-8°, 325 pp., br., 119 F.

 - Le monachisme en Occident avant saint Benoît (Vie monastique, n° 35), Abbaye de Bellefontaine, 1998, 21 cm, 153 p., couv. ill., 85 F.

 - Saint Benoît, l’homme et l’œuvre (Vie monastique, n° 41), Abbaye de Bellefontaine, 2001, 119 p., 11, 60 €.

 

         Pour cette œuvre monumentale sur leur législateur, les moines et les oblats peuvent être reconnaissants au Père de Vogüé.

  

 

 

 

Rituel de l’oblature : l’accueil et l’oblation

 

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Accueil dans l’Oblature

 

Introduction

 

            Le responsable des oblats                  Dieu, viens à mon aide.

            Le futur oblat et les assistants           Seigneur, à notre secours.

           

Psaume 118     (alterné)

                                                          

Monition (par  le  responsable des Oblats)

 

Remise de la Règle de saint Benoît

 

            Le responsable : Poussé par l’Esprit du Seigneur, vous avez manifesté votre désir de chercher Dieu à l’école de saint Benoît et de vous unir plus intimement à la famille du monastère. Recevez donc cette petite Règle de vie. Dans les temps qui viennent, vous l’approfondirez et vous vous efforcerez d’en vivre, selon votre vocation propre, en cherchant cela même que Benoît a cherché, c’est-à-dire à marcher sous la conduite de l’Évangile.

 

            Le futur oblat  : Nous rendons grâce à Dieu.    

 

Prière de conclusion

 

            Le responsable         Prions ensemble :

                                               Seigneur, écoute-nous,

                                               Seigneur, exauce-nous.

 

            Tous                            Notre Père…

 

            Le responsable : Réveille, Seigneur, en ton serviteur (ta servante N), l’esprit de notre bienheureux Père Saint Benoît, afin que rempli(e) de ce même esprit, il (elle) s’applique à aimer ce qu’il a aimé et à mettre en œuvre ce qu’il a enseign. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

 

            Tous                            Amen.

 

Bénédiction finale

 

            Le responsable : Que la bénédiction de Dieu, Père Tout-puissant, Fils et Saint-Esprit, descende sur vous et y demeure à jamais.

 

            Tous                            Amen.

 

 

 

Cérémonie de l’oblation

(un an au moins après l’accueil)

 

Invocation

 

            – Dieu, viens à mon aide

            – Seigneur, à notre secours.

 

            Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit,

            Au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles. Amen.

 

 

Lecture de la Règle

 

Lecture du début de la Règle de Saint Benoît, par le responsable des Oblats)

 

 

Monition du Père Abbé

 

Dialogue

 

Le Père Abbé

Depuis un an, vous avez réfléchi aux engagements de l’oblation et vous avez commencé à les vivre. Cette expérience vous a montré que la Règle de saint Benoît et le lien spirituel avec notre monastère vous stimuleront à progresser sur le chemin de l’Évangile, à approfondir votre vie de baptisé(e) et à remplir votre vocation dans l’Église. C’est donc pour répondre à l’appel de Dieu que vous vous engagez aujourd’hui de manière définitive. Voulez-vous vivre plus fidèlement l’Évangile, à l’école de saint Benoît, et dans la communion du monastère ?

 

L’oblat(e)                Je le veux.

 

Le Père Abbé       Voulez-vous vous unir à la louange de Dieu et à toute la prière de l’Église ?

 

L’oblat(e)               Je le veux.

 

Le Père Abbé       Voulez-vous vous renoncer vous-même pour suivre le Christ ?

 

L’oblat(e)               Je le veux.

 

Le Père Abbé        Voulez-vous persévérer dans ce propos ?

 

L’oblat(e)                Je le veux, avec la grâce de Dieu.

 

Le Père Abbé        Que le Seigneur Jésus, la Vierge Marie et tous les saints vous assistent dans votre oblation.

 

Lecture de la charte et Suscipe

 

Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

 

Moi, frère (sœur) [prénom de baptême ou de profession et nom] je m’offre à Dieu tout-puissant, à la Bienheureuse Vierge Marie et à notre Père Saint Benoît, dans ce monastère Saint-Martin de Ligugé. Confiant dans la grâce du Saint-Esprit, je promets devant Dieu et devant les Saints, de tendre à la perfection de la vie chrétienne selon l’esprit de la Règle de saint Benoît et selon le statut propre des Oblats.

 

L’oblat(e) signe sa charte sur l’autel, puis il (elle) dit :

 

Reçois-moi, Seigneur, selon ta Parole, et je vivrai !

Ne déçois pas mon espérance.

 

Ce verset est ensuite repris par le Père Abbé et les assistants éventuels.

 

 

Bénédiction et remise de la médaille

 

Seigneur, bénis, nous t’en prions, cette médaille, afin que celui (celle) qui la portera, fidèle à l’esprit de l’Évangile et à la Règle de saint Benoît, après avoir participé avec endurance aux souffrances du Christ, puisse mériter d’avoir part à la joie de son Royaume.

 

Recevez cette médaille de Saint Benoît, portez-là avec joie, et qu’elle vous rappelle sans cesse l’engagement évangélique que vous prenez aujourd’hui à son école.

 

 

Prière de conclusion

 

– Seigneur, écoute-nous !

– Seigneur, exauce-nous !

 

Seigneur, toi qui as daigné combler Saint Benoît de l’esprit de tous les justes, accorde à ton serviteur (à ta servante N), remplie(e) du même esprit, d’accomplir fidèlement ce que tu lui as fait la grâce de promettre. Par Jésus-Christ, ton Fils, Notre-Seigneur.

 

Amen.

 

Et que la bénédiction de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, descende sur vous et y demeure à jamais.

 

Amen.

 

 

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