N° 20 – 21 février 2012

 

Le manteau partagé de Saint Martin

 

Lettre aux oblats n°2

 

 

 

Saint Martin,

Priez pour nous !

  

 

Abbaye Saint-Martin

F – 86240 Ligugé

05 49 55 21 12

 

 

« Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »

(Mt 25, 40)

 

 

Le partage du manteau : le mot du P. Joël

 

         Chers Oblats et amis,

 

         Nous voici déjà à la veille du mercredi des Cendres. Lorsque vous recevrez cette lettre, le carême sera déjà entamé. Le chemin est pris : il nous conduira à Pâques !

        

         Selon ce qui avait été annoncé dans le dernier courrier du 7 novembre, nous avons vécu, le 11 novembre, une fête de Saint-Martin riche en événements et en nombre de participants. Avec le 1650e anniversaire de la fondation de la communauté de Ligugé par saint Martin et le 50e anniversaire de la fondation à l’abbaye de l’Alliance Inter-Monastères (A.I.M), ce furent de bien belles journées de prière, d’échanges et de rencontres.

 

         Peu après, les 18, 19 et 20 novembre, une trentaine d’entre vous sont venus à l’abbaye pour les journées des Oblats. Comme le temps de l’Avent était proche, nous avons échangé sur la vigilance et la garde du cœur. Ce furent de bons moments agrémentés d’une visite de l’atelier d’émaillerie. La décision fut alors prise de nous lancer, pour les prochaines réunions, sur une lecture commentée de la Règle de saint Benoît.

 

         A l’occasion de cette rencontre des Oblats et au matin du dimanche 20 novembre en la solennité du Christ-Roi, Monsieur Régis Maingot fit sa Promesse d’Oblature. Une nombreuse assistance venue en grande partie de Limoges l’entourait et l’émotion était grande pour tous.

 

         Depuis cette date, le Seigneur nous a donné la grâce d’accueillir pour l’Oblature quatre nouveaux membres : Monsieur Stanislas Kalimerov le vendredi 30 décembre en la fête de la Sainte Famille, Madame Armelle de Vallois le jeudi 8 décembre en la solennité de l’Immaculée Conception, Madame Suzanne Surry le lundi 9 janvier en la fête du Baptême du Seigneur et Madame Diane de Ternay le samedi 18 février au jour de la fête de sainte Bernadette. Avec vous tous, nous les prenons dans notre prière au sein de la grande famille de la communauté monastique de Ligugé.

 

         Pour ma part, je suis intervenu en d’autres monastères pour plusieurs sessions notamment en novembre-décembre chez les bénédictines de Bouzy-La-Forêt sur saint Augustin ainsi qu’une retraite pour leurs oblats, en janvier à l’abbaye Saint-Guénolé de Landévennec entre Brest et Quimper et au début de février à l’abbaye des bénédictines de Pradines près de Roanne pour le STIM ainsi que chez les clarisses de Paray-Le-Monial. Je me rendrai bientôt en mars chez les clarisses de Chamalières pour y donner une session biblique.

 

         Pour cet été, le Frère Louis m’a demandé quel serait le thème de la retraite dont la date est fixée du 23 juillet (10h) au 28 juillet (11h). Je lui ai proposé, selon vos souhaits exprimés, de continuer notre progression chronologique avec les Pères de l’Église. Voici donc le titre retenu pour les onze conférences :

 

« Suivre le Christ

 entre rigorisme et laxisme ».

 

Le sens de l’unité de l’Église contre toute déchirure

à l’exemple et à la prière de Saint Cyprien,

évêque de Carthage et martyr au IIIe siècle.

 

         Dans une dizaine de jours, nous nous retrouverons lors de la rencontre des Oblats. Nous penserons spécialement à nos absents et nous prierons ensemble aux intentions de tous. Comme d’habitude, ceux et celles qui seront déjà arrivés le vendredi pourront se retrouver pour un échange informel vers 16h30. Samedi, nous aurons deux entretiens, à 10h et à 16h et, dimanche matin, un autre à 11h30. Le thème retenu, on le sait, est une présentation de la Règle de saint Benoît ainsi qu’une réflexion sur le Prologue notamment le premier mot qui est à lui seul tout un programme de vie : « Écoute » !

 

         Précisément, c’est en écoutant son Seigneur l’appeler et l’inviter à le suivre de plus près que notre Frère Jean lui a répondu en se consacrant à Lui, le dimanche 12 février, par sa première Profession monastique. Ce fut une belle cérémonie, bien entouré qu’il était de ses amis et de sa famille.

 

         Nous sommes maintenant engagés sur le chemin de la vie, sur le chemin de Pâques. Prions bien les uns pour les autres et qu’en ce temps privilégié du carême, nous intensifions notre désir de nous donner en vérité à Dieu notre Sauveur et à chacun de nos frères et sœurs en Christ ! 

 

 

 

          

           Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous !

 

Homélie prononcée à l’abbaye par le P. Joël Letellier, le dimanche 1er janvier 2012

 Textes : Nb 6, 22-27 ; Gal.4, 4-7 ; Lc 2, 16-21

 

 

  Un grand avènement et un admirable échange…

 

  Aujourd'hui, Frères et Soeurs, ce n'est pas à proprement parler le Nouvel An que l'Église nous invite à célébrer, mais l'Octave de Noël, c'est-à-dire la commémoration de ce grand événement - il serait même plus juste de dire ce grand avènement - qui s'est accompli il y a huit jours.

 

  Huit jours se sont en effet déjà écoulés, depuis que, par la Sainte Liturgie de la Nativité, nous avons vécu de nouveau cette extraordinaire nuit de Noël, au cours de laquelle l'Enfant-Dieu est venu parmi nous comme l'un de nous. Ce nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire, voilà la lumière du monde qui a illuminé pour toujours notre nuit et qui a fait chanter les cieux, car cet enfant est notre Sauveur et notre Rédempteur.

 

  Aujourd'hui, l'Église nous invite à nous émerveiller davantage encore sur cet incomparable don que Dieu fait à l'homme en sa propre incarnation pour que nous puissions vivre pleinement de sa propre vie divine. O admirabile commercium - Oh admirable échange ! Toi qui as pris chair de la Vierge Marie, tu es devenu l'un de nous pour que nous tous, atteints par la meurtrissure du péché, nous puissions recevoir de toi, Seigneur, la guérison de nos corps et de nos âmes et participer à l'incorruptibilité de ta vie divine ! Oui, Seigneur, dans ton extrême bonté, propter nimiam caritatem... , tu t'es tourné vers nous, tu t'es penché sur nos souffrances, et tu es venu panser nos plaies, tu as déchiré les cieux et tu nous apportes la paix. Par ta présence en notre chair, tu nous rends héritiers de la grâce incomparable de Dieu.

 

L’Enfant-Dieu et sa mère la Theotokos…

 

  L'Évangile que nous venons d'entendre nous fournit cette précision : Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus ...  Voilà bien aujourd'hui la mémoire de cet acte rituel auquel Jésus fut soumis, puisque la loi du peuple juif qui était le sien voulait qu'âgé de huit jours tout garçon subît la circoncision. Le jeune enfant, par le fait même entrait dans l'Alliance et, entouré de sa famille, il recevait un nom. Ce fut donc en ce jour que l'enfant, né de Marie une semaine plus tôt, reçut officiellement le nom de Jésus.

 

  C'est la raison pour laquelle l'Église, pendant longtemps appela la liturgie de l'octave de Noël, la fête de la Circoncision et de l'Imposition du Saint Nom. Mais voilà que depuis près d'une trentaine d'années maintenant, renouant avec une très antique tradition, l'Église dédia ce jour de l'Octave à la Vierge Marie, Mère de Jésus, resplendissante par le fait même du titre de Theotokos, Mère de Dieu, que lui a fort justement reconnu le Concile d'Éphèse en 431, mais qui était déjà d'un usage qu'il faut faire remonter à plus de deux siècles auparavant, puisque la très touchante prière bien connue : Sub tuum præsidium, qui contient la mention de Sainte Marie Mère de Dieu, se trouve conservée sur un papyrus grec du 3ème siècle.

 

  Le culte de Marie, depuis les origines de l'Église s'est toujours trouvé étroitement lié au mystère de l'Incarnation. Le Pape Paul VI, dans un texte que ne renierait certainement pas Benoît XVI, déclarait un jour ceci : Si nous voulons entrer dans l'esprit de Noël, dans le secret de Noël, dans la joie de Noël, nous devons nous rapprocher de Marie, qui a porté le Christ au monde. Par la maternité virginale de Marie, nous pouvons nous introduire à l'humanité du Christ, homme-Dieu. C'est le meilleur temps liturgique du culte de la Sainte Vierge ...  Il est une chose que nous voudrions vous recommander, continuait-il en reprenant une image tirée des Pères, ne séparez jamais Notre-Dame du Christ : la Mère ne peut se comprendre sans son Fils. Les privilèges de Marie lui viennent de Jésus. Elle est comme la lune ; nous ne la verrions plus, si le soleil venait à s'éteindre. Par contre, elle s'éclaire si les rayons du soleil lui parviennent. Le culte de Marie est un culte introductif. Nous allons à Marie pour parvenir à Jésus. En aimant Notre-Dame de cette façon, nous pourrons la comprendre dans sa réelle grandeur et par elle nous parviendrons au Christ Fils de Dieu. (DC 1967 p. 125 et 791 - 21 déc. 1966 et 5 mars 1967).

 

La Congratulation de la Mère de Dieu…

 

  Lorsqu'une femme vient de mettre au monde son enfant, il est de bon usage de venir lui rendre visite et de la complimenter. Dans l'Orient chrétien des premiers temps, cette coutume revêtait un caractère particulier et c'est dans cet esprit que, très tôt, la liturgie orientale consacra le jour du 26 décembre à Marie, la Mère de notre Sauveur. Chez les chrétiens de Syrie, on appelait justement ce jour la fête de la Congratulation de la Mère de Dieu. N'est-ce pas là une façon touchante de dire à Marie notre immense gratitude pour sa libre coopération à l'œuvre divine qui nous vaut, à notre tour, d'accueillir Jésus dans notre coeur ?

 

  À l'exemple de l'Orient, l'Église de Rome se mit aussi à célébrer, dans le sillage de la Nativité, une messe en l'honneur de Marie. Assez tôt, ce fut ensuite le jour de l'octave, le 1er janvier, qui lui fut plus particulièrement consacré. Cette première grande fête mariale ne dura en réalité que relativement peu de temps car elle fut vite éclipsée par les autres grandes fêtes en l'honneur de la Vierge Marie, celle tout particulièrement de son Assomption célébrée le 15 août.

 

La solennité de la Vierge Marie et la paix du Nouvel An…

 

  On le voit, le lien qui existe actuellement entre notre Nouvel An et la solennité de Marie, Mère de Dieu, que nous célébrons aujourd'hui est tout à fait fortuit, d'autant plus que l'année – faut-il le rappeler ici – n’a pas toujours commencé le premier janvier, loin de là. Ce fut parfois le 1er mars, comme au temps de Charlemagne, ou au moment de l'équinoxe d'automne, le 21 ou le 22 septembre selon le cas. Au douzième siècle, l'Église fixa le premier de l'an au samedi saint, pour que l'année puisse commencer avec la résurrection du Christ, vainqueur de la mort ; mais au seizième siècle, Charles IX le rétablit au premier janvier, date qui disparut en France avec la grande tourmente révolutionnaire pour être retrouvée au début du 19ème siècle.

 

  Cela dit, l'occurrence de l'octave de Noël et du Nouvel An peut être mise à profit pour nous faire comprendre à quel point Marie est en amont de notre vie spirituelle. C'est elle qui nous alimente à la vie de la grâce par sa maternité divine et par son rôle auprès de nous. Marie est la Nouvelle Ève, mère des vivants, mère des croyants, mère de l'Église, donnée à l'Église par son propre Fils en Croix. Elle inaugure pour nous cette vie de foi et d'adhésion au Christ. Héritière des promesses de l'Ancienne Alliance, elle est elle-même la Nouvelle Arche d'Alliance qui nous introduit au sein d'une vie nouvelle.

 

  Le Nouvel An est aussi traditionnellement la journée mondiale de la Paix, à l'occasion de laquelle chaque année le Saint-Père adresse un message pressant à toutes les bonnes volontés. Cette année encore, le Pape Benoît XVI nous invite tous et surtout les jeunes, en face du scandale de l’injustice, de la violence et de la guerre, à œuvrer pour la paix. « Je demande, avait-il déjà dit, que l’on intensifie la prière, parce que la paix est d’abord un don de Dieu à implorer sans cesse … Avec confiance et abandon filial tournons notre regard vers Marie, la Mère du Prince de la Paix ».

 

Oui, que la grâce de la paix, pour chacun d’entre nous, pour nos familles et nos communautés, pour notre pays comme pour le monde entier, nous soit obtenue par Marie, Mère de Dieu et Reine de la Paix !

 

 

 

 

Présentation de Jésus au Temple – Journée de la Vie Consacrée

 

Homélie prononcée à l’abbaye des moniales bénédictines de Pradines par le P. Joël Letellier le jeudi 2 février 2012 - Textes : Mal 3, 1-4 ; Lc 2, 32

 

 

         La fête de la lumière et de la Rencontre…

 

Frères et Sœurs, nous savons bien que la fête que nous célébrons aujourd’hui a porté et porte encore de nombreux noms. Fête de la Chandeleur, fête de la Purification de Marie, des Relevailles, fête de la Lumière, fête de la Présentation de Jésus au Temple. Ce dernier titre ayant été retenu parmi les autres mais inséparablement de tous ceux qui viennent d’être énumérés.

 

         Cette fête, il faut la replacer dans son contexte que vous connaissez, tant en Orient qu’en Occident. Pourquoi donc avons-nous fait cette si belle procession ? Nous nous sommes avancés, chacun ayant un cierge à la main, et nous sommes approchés ainsi de l’autel du Seigneur dans son Temple. Nous sommes allés à la rencontre de Celui qui vient à notre rencontre, qui est venu et qui nous attend. Fête de la Rencontre ! Voilà encore cette belle dénomination, Ypapanti, disent les Grecs. Rencontre avec le vieillard Syméon et Anne et aussi rencontre de chacun d’entre nous avec Celui qui vient et qui nous attend.

 

La Nativité, l’Épiphanie et la Présentation de Jésus…

 

Tout cela pour dire que la fête que nous célébrons aujourd’hui est indissociablement liée à la fête de Noël et à la fête de l’Épiphanie. A Rome, sous l’impulsion du pape Serge Ier, à la fin du VIIe siècle, il y avait une procession qui allait du Forum à Sainte-Marie-Majeure. Et comme il faisait encore nuit en partant il fallait allumer des flambeaux, des cierges. C’est là que se situe l’origine de cette belle procession de la lumière qui va trouver Celui qui est la Lumière du monde.

 

En Orient, à Jérusalem, un peu plus tôt, au IVe siècle, cette fête que nous célébrons aujourd’hui, était célébrée non pas quarante jours après Noël mais quarante jours après l’Épiphanie. C’est bien souligner justement que Noël, l’Épiphanie et la Présentation de Jésus au Temple ne sont qu’un seul et même mystère. Et alors pourquoi donc aujourd’hui ne pas rassembler tous les personnages ou tous les acteurs que nous rencontrons lors de ces trois épisodes ?

 

Des animaux et de saints personnages…

 

Peut-être faudrait-il commencer avec l’âne et le bœuf. Oh, je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y en a parmi nous qui se présentent devant la crèche ou en ce jour comme l’âne ou le bœuf ! Mais il faut savoir qu’en chacun d’entre nous il y a comme beaucoup de monde, il y a beaucoup de forteresses et de villes, beaucoup d’animaux sauvages ou domestiques et il y a aussi heureusement des personnages très pieux et très vertueux. Il y a de tout en nous, même si nous sommes moine ou moniale. Et, au fond, peut-être que nous assistons à la scène sans trop bien comprendre ce qui se passe mais regardant et soufflant et peut-être réchauffant de notre présence l’Enfant-Jésus ! Voilà sans doute qui n’est pas pour déplaire à nos sœurs clarisses ici présentes qui ont gardé fort heureusement le bel esprit franciscain.

 

Il y a bien sûr les bergers qui accourent parce qu’ils ont entendu d’une façon ou d’une autre les anges chanter « Gloria in excelsis Deo ! » et, avec leurs moutons, ils arrivent sans trop bien comprendre mais ils viennent avec leur innocence, leur naïveté, leur lourdeur peut-être. En tous cas, ils viennent s’agenouiller, regarder, contempler, offrir, s’émerveiller devant tout ce qui se passe dans le ciel et sur la terre.

 

Et puis il y a aussi peut-être, en chacun d’entre nous, ces rois mages qui viennent de loin, qui sont un peu comme ces philosophes, ces penseurs, ces chercheurs de Dieu qui font marcher leur raison mais qui se fient à une étoile plus brillante que les autres et qui suivent mystérieusement l’impulsion que leur donne l’Esprit Saint déjà à l’œuvre partout dans le monde. Et nous voilà, après un long chemin, une longue pérégrination, après de longs jours et de longues nuits, dans une quête de la sagesse, arrivés devant l’Enfant Dieu ne comprenant pas trop ce qui se passe mais lui offrant nos petits trésors dans nos coffrets. Chacun a son secret dans son petit coffret. Seul Jésus a le droit d’ouvrir et de regarder ce qu’il y a comme surprise.

 

Et puis nous sommes peut-être comme Anne et Syméon. Nous n’avons peut-être pas quatre-vingt quatre printemps comme nous l’entendions joliment hier soir aux Vigiles pendant la lecture. Nous en avons peut-être plus, peut-être moins, peut-être exactement ce même nombre. Quoiqu’il en soit de notre âge, quelque chose en nous porte l’espérance messianique, l’espérance des siècles. Quelque chose en nous attend Celui qui doit venir et nous pouvons chanter, nous émerveiller avec le vieillard Syméon, chanter, oui, le « Nunc dimitis » même si le Bon Dieu nous laisse en vie encore pour quelque temps. Après tout, cette rencontre nous donne une satisfaction incroyable, inimaginable, celle de connaître Celui que tant de générations, tant de prophètes, tant de sages ont attendu avec impatience. Celui-là même que nous recevons dans le creux de notre main, dans le creux de notre cœur.

 

Comme Joseph et comme Marie, avec eux…

 

Alors, bien sûr, vous voyez déjà que se profile la physionomie de saint Joseph et, fort heureusement, se trouve en chacun d’entre nous, un saint Joseph qui veille, qui est le gardien de la sainte Famille, celui qui organise les voyages comme par exemple la fuite en Égypte, qui vient regarder si tout se passe bien, qui vient entourer de sa tendresse et de son respect Marie qui lui a été donnée, qui lui a été confiée. Saint Joseph le travailleur, le gardien de toute pureté.

 

Et Marie ! N’y a-t-il pas une place en chacun d’entre nous qui ressemble à celle de Marie ? Marie ! Marie, la toute pure, la Vierge consacrée, celle qui a été choisie entre toutes, privilégiée d’une façon insigne qui nous laisse émerveillés. Marie qui regarde, qui récolte, qui rassemble, qui conserve en son cœur et qui met si bien en pratique ce que Jésus déjà lui dit  et lui fait comprendre dans l’intime de son cœur.

 

Puissions-nous, Frères et Sœurs, nous placer en cette journée de la Vie consacrée sous le patronage de Marie ! Marie qui, sur le chemin de notre vie, nous entraine à nous émerveiller toujours plus, à nous laisser transfigurer par la lumière que nous portons en des vases d’argile. C’est Lui Jésus, le Christ, la lumière du monde, qui nous attend, qui nous illumine, et déjà cette fête est la fête de la Transfiguration, la fête de la lumière, notre fête !